18.2.09

La phrase-image

"Cette mesure, je proposerai de l'appeler la phrase-image. J'enteds par là autre chose que l'union d'une séquence verbale et d'une forme visuelle. La puisance de la phrase-image peut s'exprimer en phrases de roman mais aussi en formes de mise en scène théâtrale ou de montage cinématographique ou en rapport du dit et du non-dit d'une photographie. La phrase n'est pas le dicible, l'image n'est pas le visible. Par phrase-image j'entends l'union de deux fonctions à définir esthtétiquement, c'est-à-dire par la manière dont elles défont le rapport représentatif du texte à l'image. Dans le shéma représentatif, la part du texte était celle de l'enchaînement idéel des actions, la part de l'image celle du supplément de présence qui lui donne chair et consistence. La phrase-image bouleverse cette logique. La fontion-phrase y est toujours celle de l'enchaînement. Mais la phrase enchaîne désormais pour autant qu'elle est ce qui donne chair. Et cette chair ou cette consistence est, paradoxalement, celle de la grande passivité des choses sans raison. L'image, elle, est devenue la puissance active, entre deux ordres sensoriels. La phrase-imagem est l'union de ces deux fonctions. Elle est l'unité qui dédouble la force chaotique de la grande parataxe en puissance phrastique de continuité et puissance imageante de rupture. Comme phrase, eel accueille la puissance parataxique en repoussant l'explosion schizophrénique. Comme image, elle repousse de sa force disruptive le grand ivresse communielle des corps. La phrase-image retient la puissance de la grande parataxe et s'oppose à ce qu'elle se perde dans la schizophrénie ou dans le cnsensus".

"La phrase-image et la grande parataxe" in LE DESTIN DES IMAGES, Jacques Rancière
pp.56-57

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